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Répéter avec son groupe à distance

Jouer ensemble chacun chez soi, ce n’est pas un problème de son : c’est un problème de décalage. Voici ce qui se passe réellement pendant une répétition à distance, et ce qui change d’une solution à l’autre.

Pourquoi la visioconférence ne marche pas pour jouer

Zoom, Meet ou WhatsApp sont faits pour la parole. Ils traitent le son en permanence — réduction de bruit, suppression d’écho, compression — et gardent une réserve d’avance en mémoire pour que la conversation ne se coupe jamais. Pour parler, c’est exactement ce qu’il faut. Pour jouer, c’est rédhibitoire : le délai se compte en centaines de millisecondes, et le traitement escamote les attaques, les nuances, parfois le premier temps.

Le résultat est toujours le même : chacun entend les autres en retard, ralentit pour les attendre, et le tempo s’effondre en quelques mesures. Ce n’est pas une question de bonne volonté ni de talent. Le détail, et le mode « son original » de Zoom, dans Jouer de la musique sur Zoom.

Le vrai sujet : combien de décalage peut-on supporter ?

Répéter dans une pièce, c’est déjà jouer avec du décalage. Le son parcourt environ un mètre en trois millièmes de seconde : à quatre mètres du batteur, vous l’entendez avec une douzaine de millisecondes de retard, et personne n’y pense. C’est ce que l’oreille d’un musicien accepte naturellement — quelques dizaines de millisecondes, guère plus.

Au-delà, le groupe décroche. Jouer à distance revient donc à une seule question : combien de millisecondes séparent votre instrument de l’oreille des autres ?

Ce qui fabrique ces millisecondes

La distance

Elle est incompressible : aucune solution, aucune technologie n’y échappe, parce qu’un signal ne va pas plus vite que la lumière dans une fibre. D’un bout à l’autre de la France, on joue confortablement ; d’un continent à l’autre, c’est physiquement perdu. C’est pour cela que MusiCall vise les groupes en France, et ne promet pas le bœuf transatlantique.

La connexion

La fibre donne les meilleurs résultats ; l’ADSL fonctionne aussi, avec un peu plus de décalage. Ce qui compte autant que la vitesse, c’est la régularité : une ligne qui a des à-coups gêne davantage qu’une ligne un peu plus lente mais stable.

Le branchement chez vous

C’est le point que l’on néglige le plus, et c’est souvent le plus coûteux. Un câble réseau branché directement sur la box est de loin le plus sûr. Un adaptateur CPL (le courant porteur, par les prises électriques) ou un Wi-Fi maillé font nettement grimper le décalage : nos tests le confirment. Le Wi-Fi, lui, est à éviter pour jouer.

La chaîne audio

Chaque étape entre l’instrument et le réseau — conversion, mise en mémoire, logiciel — ajoute son propre délai. C’est là que les solutions se distinguent vraiment.

Les solutions existantes

Jamulus, JamKazam ou SonoBus sont des logiciels à installer sur un ordinateur. Ils sont gratuits ou ont une offre gratuite, ils fonctionnent, et ils ont des communautés actives. Ce qu’ils coûtent est ailleurs : une carte son externe et ses pilotes, des tailles de mémoire tampon à régler, parfois des ports à ouvrir sur la box. Beaucoup de musiciens abandonnent pendant cette étape, avant d’avoir joué une seule note — c’est le reproche qui revient le plus souvent.

C’est précisément ce chemin-là que MusiCall supprime : pas d’ordinateur, pas de carte son, pas de pilote, pas de port à ouvrir. Pour le détail, solution par solution, voyez notre comparatif. Vous avez déjà essayé Jamulus ou JamKazam ? Voyez ce que MusiCall change.

L’approche de MusiCall

Un boîtier par musicien, branché sur la box et sur l’instrument. Pas d’ordinateur, pas de pilote, pas de réglage de box : vous branchez, et le groupe joue — jusqu’à sept musiciens. Les réglages courants (votre mix, vos niveaux) se font depuis le téléphone, dans le navigateur.

Le service qui permet de jouer ensemble est inclus dans le prix du boîtier : il n’y a pas d’abonnement.

Sur la latence, une règle que nous nous imposons : aucun chiffre annoncé avant une mesure publiée de bout en bout, entre deux villes, avec ses conditions exactes. Une valeur obtenue sur un réseau local ne dit rien de ce que vous vivrez chez vous.

En pratique, pour bien démarrer

Un câble réseau

Un câble réseau entre le boîtier et la box, plutôt que le Wi-Fi.

Partout en France

D’un bout à l’autre du pays, ça marche. Au-delà, chaque centaine de kilomètres se paie en millisecondes.

Une ligne stable

Une ligne stable — la régularité prime sur le débit brut.

Un boîtier chacun

Un boîtier par musicien : c’est chacun chez soi, ensemble.